Jeudi 24 décembre 2012, Moscou, 15h38
Elle n’en revenait toujours pas… Sauvée par un milliardaire russe de ses habituels clients, au beau milieu d’une ville presque entièrement détruite. Il fallait vraiment qu’elle ait une sacrée bonne étoile pour en être arrivée là. La chance avait voulu qu’il descende au même hôtel qu’elle, ses affaires l’obligeant à venir régulièrement à Auckland. Elle et Igor - Monsieur Petrenchko encore hier matin - avaient fini la soirée au coin du feu, vodka glacée à la main et couverture en cashmere sur les genoux. Il lui avait alors fait le récit de son formidable sauvetage, digne du meilleur thriller américain.
La dernière chose dont elle se souvenait était le bruit qu’elle avait entendu derrière elle. C’était en fait celui d’un pillard déjà sur les lieux, pensant être seul pour dépouiller en toute tranquillité les corps rigidifiés enfouis sous les décombres de l’explosion. Elle n’avait pas été assez méfiante lors de sa sortie et le temps qu’elle se rende compte de son erreur, elle était déjà inconsciente, allongée à même le sol après avoir été assommée violemment par celui qu’elle venait de déranger. De là où il était, Igor avait tout vu. Il s’était prudemment caché dans un immeuble - du moins ce qu’il en restait - non loin de là. Il avait alors attendu que ce vaurien déguerpisse avant d’aller lui porter secours, ne sachant pas si l’homme était armé ou non. Sur le moment, il avait bien pensé la reconnaitre mais le sang qui dégoulinait sur son visage tuméfié l’en avait fait douter. De toute façon il était bien décidé à la faire rapatrier en même temps que lui. Il avait réussi au cours de la matinée, grâce à un puissant système GPS, à se faire repérer par son service de sécurité rapprochée. Le transfert devait se faire le soir même, un hélicoptère devant venir le chercher - en toute illégalité - à la faveur d’une nouvelle nuit. Il l’avait donc portée jusqu’à sa cachette de fortune, avait essayé tant bien que mal de soigner la plaie qui continuait à saigner et, malgré ses efforts, n’avait pas réussi à lui faire reprendre conscience. Il avait été soulagé de la voir émerger quelques secondes seulement – ce dont elle se souvenait effectivement assez vaguement - mais tout aussi inquiet de l’évanouissement qui avait immédiatement suivi. Le transfert avait eu lieu à minuit trente, comme convenu. Après une halte dans un aéroport privé à 80 kilomètres de là, ils avaient été pris en charge par le pilote d'un avion spécifiquement affrété pour l'occasion. A la demande d’Igor, le maître d’hôtel s’était occupée d’elle jusqu’à son réveil ayant pour ordre d’aller chercher son maître s’il avait la moindre inquiétude quant à la santé de sa patiente.
Et dire qu’elle ne se souvenait de rien… avant de se réveiller dans cette chambre digne des contes des mille et unes nuits, version soviétique. Elle ne savait comment le remercier et, malgré la reconnaissance infinie qu’elle avait pour lui, elle ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir de la naïveté de la veille dont elle avait fait preuve. Elle qui détestait être prise en faute… Il continuait malgré tout à avoir pour elle toutes les attentions du monde et son charme naturel la mettait finalement assez mal à l’aise. Il avait organisé son retour à Paris pour le 26, ne voulant la laisser seule pour les fêtes de Noël. Lui-même n’ayant rien de prévu, il avait insisté pour qu’elle passe le réveillon avec lui.
4 commentaires:
Moi, ça me vient bien... et la prochaine fois qu'on se réveille, tu nous emmènes où ?
Là où le vent me portera... la vie pour horizon !
Bon vent, alors... Y a-t-il des ouragans à Moscou ???
Des tornades, que dis-je, des tsunamis !!!
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