- Les Renseignements Généraux ? Si c’est une blague, elle est vraiment de très mauvais goût !
- Mademoiselle Mélinet, je ne crois pas que nous soyons là pour plaisanter… Nous vous demandons d’ouvrir immédiatement la porte, nous voulons nous entretenir avec vous.
- Montrez-moi vos cartes d’abord. Je n'ai par pour habitude de laisser entrer n'importe qui chez moi à une heure aussi tardive.
Elle faisait sa maline, mais là, elle n’en menait vraiment pas large… qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Et puis, ça devait être pressé pour qu’ils viennent à une heure pareille déranger les gens chez eux. Ils n’avaient pas l’air de rigoler en plus. Elle finit par ouvrir la porte et laisser entrer deux hommes et une femme qui ne semblaient effectivement pas avoir très envie de se taper une belotte sur le coin de la table… Elle les emmena au salon et leur proposa de s’asseoir.
- Voulez-vous boire quelque chose, un café peut-être ? se risqua-t-elle. Ils n’allaient tout de même pas lui faire perdre ses bonnes manières.
- Non merci, répondit le plus jeune.
- Veuillez vous asseoir s’il vous plaît, lui demanda fermement l’un de ses collègues, le plus expérimenté apparemment, nous avons quelques questions à vous poser.
Elle s’assit, un peu décontenancée par une approche si peu sympathique. L’heure semblait grave…
- Vous vous appelez bien Jeanne Mélinet, née le 12 juillet 1978 à Lyon dans le Rhône ?
- Oui, tout à fait…
- Vous travaillez en tant que prospectrice touristique pour Russian Travel ?
- Exactement…
- Vous êtes donc souvent amenée à voyager à l’étranger, un peu partout dans le monde ?
- Ou…oui….
- Vous êtes bien une des rares rescapées de l’attentat d’Auckland du 20 décembre dernier ?
- C’est cela même…
Pour des Renseignements Généraux, ils n’ont pas l’air très renseignés, pensa-t-elle… A moins qu’ils ne cherchent à faire diversion… et la présence de cette femme… bizarre tout de même.
- Pouvez-vous nous indiquer sur quelle compagnie votre vol de retour a été effectué ?
- ………….. ??????????
- Vous avez bien compris ma question, mademoiselle ?
- Ou…oui, bien sûr… Je n’ai pas été rapatriée par la voie officielle…
- Oui, mais encore ?
- J’ai été prise en charge par un de mes clients qui se trouvait être sur les lieux au moment de l’explosion et qui a utilisé un avion personnel dont il m’a fait profiter…
- Un client que vous connaissez bien, je suppose, s’il a eu la gentillesse de vous emmener avec lui plutôt que de vous déposer au centre d’urgence qui était installé au nord de la ville ?
- Un client comme un autre qui m’a sauvé la vie et qui m’a pris en charge pensant qu’il était de son devoir de le faire, monsieur !
Oulà, ça commençait à sentir le roussi cette histoire… et toutes ces questions ne lui disaient rien qui vaille…
- Comment ce nomme ce fameux sauveur, mademoiselle ?
- Monsieur Petrenchko et il habite Moscou (elle s’apprêtait à dire « où il m’a accueilli quelques jours d’ailleurs », mais elle ne sut pourquoi une petite voix intérieure lui soufflait de répondre aux questions et uniquement aux questions qu’on lui posait, sans donner plus d’informations)
- Monsieur Igor Petrenchko ?
- Exactement…
- Nous sommes au regret de vous dire que la personne que vous venez de nommer est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour attentat et mise en péril de la sécurité intérieure d’un état.
- ????????????
- Veuillez vous lever s’il vous plaît. Je vous demanderai d’écarter vos bras et vos jambes sans gestes brusques afin que ma collègue puisse procéder à une fouille corporelle. Si vous le souhaitez, vous pouvez dès à présent contacter un avocat de votre choix. Sans demande spécifique de votre part, il vous en sera commis un d’office. En attendant de pouvoir être assistée par un membre du barreau, tout ce que vous direz sera inscrit dans le Procès-verbal d’interpellation et pourra être utilisé lors d’un éventuel procès.
Les gars, vous commencez par la chambre. Tous les objets que l’on sortira d’ici doivent être mis sous scellé, les plastiques sont dans le carton derrière la porte. Et dépêchez-vous.
- ????????? Excusez-moi, mais là je ne vous suis plus du tout… Qu’est-ce qu’on me reproche au juste ? Je ne crois pas avoir vu votre mandat de perquisition…
- Vous faites ce que l’on vous demande et tout se passera bien.
3 commentaires:
ça pue, ça pue...mais ça sent tellement bon!
Chers co-auteurs,
Je vous trouve bien prolixes et bien inspirés, couche-tard et lève-tôt... que de mots... j'attends vos suites.
Peut-être croiserons-nous Bénabar dans le dernier métro...
Bon séjour Breton... en espérant que la suite se paiera le luxe d'arriver jusqu'à toi !
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