Elle raccrocha le combiné, abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre.
Titubant tout en retenant la nausée qui commençait à l’envahir, elle se dirigea prudemment vers le petit fauteuil crapaud tapissé de velours grège qui se tenait près de la console en chêne brut, console qu’elle venait d’acheter chez le petit brocanteur de la rue des lilas, cet être charmant et plein de vie avec qui elle passait autant de temps à découvrir les nouvelles acquisitions qu’à bavarder sur tout et sur rien.
Elle n’aurait su dire ce qu’elle ressentait vraiment en cet instant précis. Seul son regard divaguait au gré des objets, des meubles et des tableaux qui emplissaient ce vaste appartement haussmannien du quatorzième arrondissement, celui dans lequel ils venaient d’emménager, préparant la venue prochaine du bébé. Ils avaient pris plaisir à décorer ce qu’ils appelaient déjà leur havre de paix. Rien n’avait été laissé au hasard. Ils aimaient tout particulièrement mélanger les styles et les époques, associant objets d’art, souvenirs de voyage et meubles de famille. Leur vie mouvementée de grands reporters ne leur laissait que peu de temps pour séjourner à Paris. Ils voulaient malgré tout se sentir chez eux lorsqu’ils rentraient de mission et avaient développé depuis quelques années ce goût du calme et de la sérénité nécessaire à leur santé psychologique et mentale.
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