
... le luxe à portée de main, à condition d'avoir le bras long !
Si vous l'ignorez encore, je vis actuellement un drame existentiel : je vais avoir quarante ans dans une quinzaine de jours. Je suis carrément traumatisée. Je vois encore, comme si elle datait d'hier, la fête de mes trente ans. Heureusement, j'ai oublié celle de la décennie précédente (trop d'alcool ?)
Allons, allons, ma fille, me dis-je, ce n'est pas une tragédie. Et si tu en profitais pour te faire un vrai plaisir ? A toi toute seule.
Bien. Qu'est-ce qui te ferait vraiment plaisir ? un truc qui marque, qui reste, qui fera de toi une rayonnante quadragénaire. Mon dieu, quel mot ! Basculer du trente-naire au quadra-génaire, c'est le suffixe qui est terrible. Le -génaire sonne "gériatrie".
Ce qui me ferait vraiment vraiment plaisir, au risque de renforcer l'effet dadame, c'est un sac, un sac mythique tant qu'à faire, "the" sac, j'ai nommé : le Kelly, ma référence. Hermès, le luxe sans le bling-bling. Même si je sais maintenant qu'on a foiré sa vie si on n'a pas de Rolex à cinquante ans, je préférerais une montre Hermès. Enfin, il me reste dix ans pour changer d'avis.
Je souris encore de ma naïveté. Mon innocence, qui confine à la connerie, je l'avoue, me rajeunit, c'est toujours ça de pris. Me voilà sur les sites recommandés dans Elle : bons plans ou non, le Kelly est définitivement intouchable, et, à la limite, pas forcément moins cher neuf que d'occasion. Sans être à plaindre, loin de là, je m'interroge : vivons-nous tous & toutes sur la même planète financière ? A ce prix-là, je peux partir deux fois à l'île Maurice, soit, sans sac, ou avec un ancien. Mais qu'en ferais-je, de mon Hermès ? Même dans ma petite ville de province, je n'oserais pas le porter, le remplir de peur de le déformer, encore moins le poser, et je me vois déjà, comme Bernadette, avec mon précieux cuir Camel sur les genoux en toutes circonstances. Non, décidément, non.
Peu importe, j'ai rangé mon fol espoir dans mon sac (!), mis mon petit mouchoir par-dessus, et avant de me dire que j'ai bel et bien raté ma vie, à quarante ans, peut-être aussi à cinquante ans, je me suis rabattue sur des escarpins Louboutin (soldés). A quarante ans, j'aurai enfin l'air d'une dame. Na.
"Potiche, peut-être, mais pas cruche..." conclut l'affreux personnage du mari dans le film d'Ozon. Quant à moi, je me demande si je ne le suis pas trop, cruche, et une cruche sur talons hauts, c'est risqué tout de même. Tant va la cruche à l'eau...
1 commentaire:
Déjà mis en lien sur mon blog...A défaut d'avoir LE sac Kelly (vu aussi par curiosité sur sites d'occas'...no comment!), il y a toujours d'autres chouettes alternatives, non? Et comme j'ai la chance de dîner ce soir avec la "créatrice", je peux transmettre une commande!
juliekleim.fr
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