dimanche 21 novembre 2010

La méthode Schopenhauer

"Les rois laissèrent leur couronne et leur sceptre, les héros leurs armes. Mais parmi eux, il y a les grands esprits qui ne tiraient pas gloire des choses extérieures mais d'eux-même. Ceux-ci, dis-je, ont pu préserver leur grandeur."
Arthur Schopenhauer à l'âge de seize ans (!!), dans l'abbaye de Westminster.


Pour le plaisir des uns, pour la curiosité des autres, ou pour la concordance harmonieuse des derniers, je ne saurais que trop vous recommander La méthode Schopenhauer d'Irvin Yalom, psychiatre de son état, professeur émérite à l'université de Stanford et écrivain à ses heures.
Et même si, à mon sens tout au moins, on ne peut qualifier ses "oeuvres" de "grandes" (celles de monsieur Yalom, il va sans dire) sur un plan purement littéraire, ce roman retrace en filigrane la vie d'Arthur Schopenhauer, philosophe d'origine russe, mélancolique, paranoïaque, misanthrope et non moins génial, nous emmenant sur les pas d'un être hors du commun, qualifié par certains de "philosophe bouddhiste", c'est dire !

Arthur Schopenhauer, que tout destinait à devenir le digne successeur d'un père autoritaire et austère à la tête d'un commerce fort lucratif, et après de brillantes études littéraires et philosophiques dont il tira un amour profond et définitif des lettres et de la pensée, devint le grand philosophe que nous connaissons aujourd'hui.

Après le suicide par défenestration de son père, en 1806, et alors qu'il n'avait que tout juste 18 ans, sa mère, Johanna Henriette Trosiener, de dix neuf ans la cadette de Schopenhauer père, vendit le fond de commerce paternel et s'installa à Weimar avec ses deux enfants, Arthur et Adèle, ville où elle se vit rapidement à la tête d'un cercle littéraire fort prisé, réunissant autour d'elle les plus grands noms de la pensée allemande de son temps, Goethe entre autre, pour ne citer que lui...

C'est au milieu cet univers fertilisant pour la pensée et l'éducation intellectuelle d'un jeune homme ayant déjà goûté au plaisir des voyages, que celui-ci étudia les lettres classiques, étayant un savoir linguistique déjà conséquent pour son âge (outre sa langue d'adoption, l'allemand, et sa langue natale, le russe, il maîtrisait fort bien le français et l'anglais) par la maîtrise du latin et du grec.
Son "idéalisme athée" se fonde sur les oeuvres de Platon et de Kant, oeuvres philosophiques qui seront pour l'ensemble de sa carrière universitaire les bases théoriques et idéologiques de son appréhension du "monde comme représentation".

Voilà, à grands traits, l'histoire de cet étonnant penseur... Pour vous mettre l'eau à la bouche et le pied à l'étrier, n'hésitez donc pas à découvrir ce roman "Yalomien", qui, à n'en pas douter, vous titillera la corde sensible d'une curiosité des plus saines !

La méthode Schopenhauer, ou comment utiliser ses plus lourdes "casseroles" afin d'y concocter les plus fins "mets" existentiels...

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