mardi 23 novembre 2010

Pour toi, ma si chère amie

"Quoi qu'il en soit, c'est en l'absence de nom du trésor perdu que le poète [René Char] fait allusion quand il dit que notre héritage n'est précédé d'aucun testament. Le testament, qui dit à l'héritier ce qui sera légitimement sien, assigne un passé à l'avenir. Sans testament, ou pour élucider la métaphore, sans tradition - qui choisit et nomme, qui transmet et conserve, qui indique où les trésors se trouvent et quelle est leur valeur - il semble qu'aucune continuité dans le temps ne soit assignée et qu'il n'y ait, par conséquent, humainement parlant, ni passé ni futur, mais seulement le devenir éternel du monde et en lui le cycle biologique des êtres vivants."

Lu cette nuit, au détour d'une page arendtienne.
Etre mère est tout cela... et tellement plus encore.
Etre fille, ou fils, tellement mieux, de surcroit.
Nous vivons ce qui n'est déjà plus.
Nous héritons de tout ce qui n'est pas encore...
Nous sommes des passeurs d'âmes.

1 commentaire:

Anne-Sophie a dit…

"Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants."
Cette phrase cueillie au hasard d'un spectacle de rue m'accompagne depuis. J'aime cette idée du passeur, qui doit respecter ce qu'il passe...
Merci.