
"- Vous voulez tout le déguisement du jeune homme pour ne pas voir votre vie dans son entier. Le temps qui nous est offert suit le même chemin qu'un caillou qu'on lance : il finit forcément par retomber dans l'herbe. C'est peut-être important, de savoir où en est le caillou dans sa trajectoire.
- Que dites-vous par là ?
- Le jeune qui a peur de la vie et qui veut rester enfant, le vieux qui se pare de tous les oripeaux de l'homme vigoureux ; ils croient retenir le temps. En réalité, ils ne font que détourner le regard.
- Expliquez !
- Moi, quand je conduis un véhicule, je regarde la route.
- Ha ! Ha ! Ha ! C'est triste ! Buvons !"
Joann Sfar, Le chat du rabbin, 5. Jérusalem d'Afrique.
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