jeudi 10 juin 2010

Le choix de la conscience...

"Il me paraît donc vraisemblable que la conscience, originellement immanente à tout ce qui, s'endort là où il n'y a plus de mouvement spontané, et s'exalte quand la vie appuie vers l'activité libre. Chacun de nous a d'ailleurs pu vérifier cette loi sur lui-même. Qu'arrive-t-il quand une de nos actions cesse d'être spontanée pour devenir automatique ? La conscience s'en retire. dans l'apprentissage d'un exercice, par exemple, nous commençons par être conscients de chacun des mouvements que nous exécutons, parce qu'il vient de nous, parce qu'il résulte d'une décision et implique un choix, puis, à mesure que ces mouvements s'enchaînent davantage entre eux et se déterminent plus mécaniquement les uns des autres, nous dispensant ainsi de nous décider et de choisir, la conscience que nous en avons diminue et disparaît. Quels sont, d'autre part, les moments où notre conscience atteint le plus de vivacité ? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure, où nous hésitons entre deux où plusieurs paris à prendre, où nous sentons que notre avenir sera ce que nous en aurons fait ? Les variations d'intensité de notre conscience semblent donc bien correspondre à la somme plus ou moins considérable de choix ou, si vous voulez, de création, que nous distribuons sur notre conduite. Tout porte à croire qu'il en est ainsi de la conscience en général. Si conscience signifie mémoire et anticipation, c'est que conscience est synonyme de choix."

Henri Bergson.

4 commentaires:

Rodolphe a dit…

Hey! Je me souviens de ça! J'ai étudié ce truc-là machin-chose-bidule-trucmuche...conscience ouais...en Terminale...oulà c'est loin^^ De toute façon, personne n'en a conscience, de la conscience...pourquoi s'en formaliser? De plus, nos choix sont dictés par notre propension à éviter le pire...alors de là à en avoir conscience.

Caro a dit…

Tu dois faire référence au "science sans conscience n'est que ruine de l'âme", I supposed jeune bachelier sans rides ? But, sache que cela étant égal et parfaitement vrai par ailleurs, on y fait référence à la volition. La conscience est un acte volontaire, contrairement à l'acte "habituel" et non "conscientisé" qui, à défaut de nous éviter le pire, nous permet de se complaire dans la fange rassurante du quotidien. Ce que Bergson veut dire précisément dans ce passage, c'est que même sans en avoir "conscience", nos actes se divisent en deux types. Ceux que l'on effectue par automatisme, inné ou acquis, et ceux sur lesquels notre conscience agit de manière volontaire et réfléchie, y compris pour prendre la fuite...
Si tu avais deux bonnes heures devant toi, je pourrai développer. Mais j'ai bien peur déjà d'avoir perdu l'attention de ce lecteur assidu et insomniaque à ses heures.
D'ailleurs, le fait même que tu te poses la question est une action irrémédiablement consciente même si volontairement peu réfléchie !

Kevina a dit…

Vous êtes inconscients ou quoi ? Je n'y comprends rien, c'est pire que de l'anglais... D'ailleurs, je ne suis pas sûre d'avoir choisi d'éviter le pire, ou alors je ne préfère pas imaginer ce que ce serait !

Henriette qui sonne a dit…

Mais l'imagination est-elle en soi un acte conscient ? Dans son sens le plus strict, rien n'est moins sûr... même si la conscience du pire est, à priori, la conscience de soi en action.
So easy to understand, no ?