"Il y a aujourd'hui tout autour de nous une espèce d'évidence fantastique de la consommation et de l'abondance, constituée par la multiplication des objets, des services, des biens matériels, et qui constitue une sorte de mutation fondamentale dans l'écologie de l'espèce humaine. (...) Les concepts d'"environnement", d'"ambiance" n'ont sans doute une telle vogue que depuis que nous vivons moins, au fond, à proximité d'autres hommes, dans leur présence et dans leur discours, celui de notre puissance médusée, de notre abondance virtuelle, de notre absence les uns aux autres. Comme l'enfant-loup devient loup à force de vivre avec eux, ainsi nous devenons lentement fonctionnels nous aussi. Nous vivons le temps des objets : je veux dire que nous vivons à leur rythme et selon leur succession incessante. C'est nous qui les regardons aujourd'hui naître, s'accomplir et mourir alors que, dans toutes les civilisations antérieures, c'étaient les objets, instruments ou monuments pérennes, qui survivaient aux générations d'hommes."
Jean Baudrillard, La société de consommation.
4 commentaires:
On ne peut plus vrai. Mais un jour je revendiquerai Monod et prendrait une gourde d'eau et une poignée de dattes et j'affronterai le désert. Là, plus de consumérisme, plus d'objet que le minimum vital. Plus de marques, de voiture, de GPS. Back to normal.
Cher Geek,
Il est parfois des déserts quotidiens qui n'ont rien à envier au Sahara... La traversée peut y être tout aussi rude et "normale", si tant est qu'une normalité issue de l'essence même de vérité puisse exister. Le périple est parfois aussi extrême, gourdes en tout genre et dates à l'appui !
Back to real life !
Welcome to the Cruel World, disait Ben (Harper ou Laden, je ne sais plus)
Welcome to the most beautifull World : this one !
Cruel World is our Imaginary World...
Enregistrer un commentaire