mercredi 2 juin 2010

Lorsque me vient la peur de pouvoir cesser d'être...

Lorsque me vient la peur de pouvoir cesser d'être
Avant que ma plume ait glané mon fertile cerveau
Avant qu'en haute pile les livres, imprimés,
Ensserrent, greniers pleins, la récolte bien mûre ;
Lorsque sur la face étoilée de la nuit j'aperçois
Les symboles nuageux d'une grande épopée,
Et pense que peut-être je ne vivrai assez
Pour en tracer les ombres de la main magique du hasard ;
Et puis je sens, belle créature d'une heure,
Que sur toi mon regard ne se posera plus jamais,
Que jamais plus je ne goûterai au pouvoir féérique
De l'amour sans souci ; alors sur le rivage
Du vaste monde, seul je demeure et songe
Le temps qu'Amour et Gloire s'abîment au néant.

John Keats, Seul dans la splendeur.

2 commentaires:

Rodolphe a dit…

Ya pas j'adore, alors je le mets en commentaire, comme il paraît que personne ne commente, si ce n'est les admirables personnes qui sont à la barre de ce blog. C'est quand même un monde ça, ces gens qui ne prennent pas deux minutes de leur temps pour ajouter une pensée, donner leur opinion, partager une émotion...quel dommage d'être aliénés à ce point à ce monde pourri et technocratique! Je ne vous le fais pas dire Mesdames, le monde va finir eu eau de boudin!

Une admirable personne aux pommes qui n'a de boudin ni noir ni blanc a dit…

Ah !!!! Voilà un commentaire digne de ce nom ! Dire qu'il aura fallu quelques pintes de Guiness, un bon paquet de fous rire et un filet de nostalgie pour en arriver là...
Sois remercié, vaillant commentairophile de ces dames. Quand on aime, il paraît que l'on ne compte pas. Alors surtout n'hésite pas à continuer, à donner envie à ces anesthésiés du sentiment que notre maudite société dite "de consommation" (beurk, que c'est vilain, Keats s'en retournerait dans sa tombe) a détourné de ce qui fait chez nous cette fantastique - et unique, faut-il le rappeler ! - part d'humanité.
Que tous ceux qui ont peur du ridicule (parce que mon petit doigt m'a dit qu'il y en avait...), sachez tout de même que le ridicule ne tue pas, à en croire ce que j'ose publier sur ce blog etla mode pathétique du "caleçon au grand air" tant prisé par nos charmants adolescents !