lundi 12 juillet 2010

L'arythmie ne cesse de croître.

L'arythmie ne cesse de croître. Mais si par bonheur elle venait à en extraire la substance, celle-là même dont l'absence fait de moi l'espérance et l'oubli, que pourrais-je alors dérober à cette vie qui coule entre mes veines, pleines, bleutées et tendues, dont le derme transparent et sensible laisse présager son périssable séjour ? Le pas suivant précèdera le dernier. La retenue fera place au puissant appel du désert, celui qui voit les pas de mon enfance, celle dont les racines se mêlent à ceux qui n'en ont pas.
Tel un cadavre, il se relève de ses cendres.
Tel le soleil levant, il boit la rosée d'une nuit aux aguets.

- Ouvre les yeux, me dit la lune.
- Je ne peux m'y résoudre. Les étoiles m'aveuglent et leur lit me porte vers toi.
- Cesse alors de veiller et garde pour la route ton naïf émerveillement. Le chemin est sinueux et les haltes rares et escarpées.
- Ne te soucie pas de moi. Je rêve lorsque je veille. Je meurs lorsque tu disparais à l'horizon. Seuls le crépuscule et l'aurore reposent mon âme.

Il ne fut plus un instant sans que volonté et raison livrent le combat qui fait de nous, pauvres humains, les passeurs de présents, les hôtes du festin ininterrompu de la vie, celle qui nous porte au-delà de nous-même, qui suppure le néant et la fin.
La prosodie du Prophète sonne comme le cantique inégal de ces larmes de joie.

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