"Ainsi le rapport des choses et de mon corps est décidément singulier : c'est lui qui fait que, quelques fois, je reste dans l'apparence et lui encore qui fait que, quelques fois, je vais aux choses mêmes; c'est lui qui fait le bourdonnement des apparences, lui encore qui le fait taire et me jette en plein monde. Tout se passe comme si mon pouvoir d'accéder au monde et celui de me retrancher dans les fantasmes n'allaient pas l'un sans l'autre. Davantage : comme si l'accès au monde n'était que l'autre face d'un retrait, et ce retrait en marge du monde une servitude et une expression de mon pouvoir naturel d'y entrer. Le monde est cela que je perçois, mais sa proximité absolue, dès qu'on l'examine et l'exprime, devient aussi, inexplicablement, distance irrémédiable."
Maurice Merleau-Ponty, Le visible et l'invisible.
Que cela me parle ! L'imperceptible nécessité de la cohabitation des contraires. La vie, dans son sens le plus plein. Nul point de vue sans son indissociable symétrie, nulle connaissance sans conscience de son inverse ignorance.
Je pourrais (devrais ?) passer mes nuits à te relire afin de pousser chaque fois un peu plus loin l'étendue de mon infinie finitude.
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