Le va-et-vient des longues heures a laissé le sable ramper
Depuis que je me suis entortillé à la toile de ta beauté
Et fait prendre au collet de ta main dégantée.
Et pourtant je n'ai jamais regardé le ciel de minuit,
Mais de tes yeux je vois la lumière qui ne s'oublie ;
Je ne peux porter mon regard sur la carnation de la rose,
Mais vers ta joue mon âme prend son essor ;
Je ne peux regarder aucune fleur en train d'éclore
Mais mon oreille aimante, pendue folle à tes lèvres
En attente d'un murmure d'amour dévore
A contre-sens ses douleurs : car tu éclipses
Tout délice par la douceur du souvenir
Et porte le chagrin au coeur des joies que je chéris.
Time's sea hath been five years at its slow ebb,
Long hours have to and fro let creep the sand,
Since I was tangled in the beauty's web,
And snared by the ungloving of thy hand.
And yet I never look on midnight sky,
But I behold thine eye's well memoried light ;
I cannot look upon the rose's dye,
But thy cheek my soul doth take its flight ;
I cannot look on any budding flower,
But my fond ear, in fancy at thy lips,
And hearkening for a love-sound, doth devour
Its sweets in the wrong sense ; - Thou dost eclipse
Every delight whith sweet remembering,
And grief unto my darling joys dost bring.
John Keats, Seul dans la splendeur.
La douceur d'une pluvieuse nuit
Et cette eau qui lave le corps fatigué
Des vers d'une infinie profondeur
Tasse fumante et canapé
Dans la maison encore endormie
Voilà la raison pour laquelle
Le réveil est souhaitable
Et le simple bonheur
Un appel à la vie.
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